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Librairie du ciel MC Guyonnet
Numéro de SIRET : 494 764 491 000 10 R.C.S Paris
Tel : 0977 009 432

ARTISTES DU LIVRE

Galerie - Librairie volante

Une œuvre d’homme n’est rien d’autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l’art les deux ou trois images simples et grandes sur lesquelles le cœur, une première fois, s’est ouvert. (A. Camus, L'envers et l'endroit)

Librairie - galerie nomade de :

  • livres d'artistes et de petite édition, livres singuliers, livres de création, français ou étrangers
  • Jeux et papeterie d'artistes
  • oeuvres sur papier
  • curiosités, petits objets poétiques, objets d'artistes ...
     

- Vente - conseil aux bibliothèques et lieux institutionnels  (déplacement sur rdv), aux particuliers depuis ce site et sur certains salons.
- Conception, mise à disposition, location d'expositions de livres d'artistes, monographiques ou collectives.

Ce site n'est qu'une vitrine. Nous contacter pour d'autres titres, recherches thématiques et projets spécifiques, connaître le calendrier de nos expositions, prendre un rdv et solliciter un déplacement.

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Pascal Quignard

Ceux qui aiment ardemment les livres ...

Ceux qui aiment ardemment les livres constituent sans qu'ils le sachent une société secrète. Le plaisir de la lecture, la curiosité de tout et une médisance sans âge les rassemblent.
Leur choix ne correspondent jamais à ceux des marchands, des professeurs ni des académies. Ils ne respectent pas le goût des autres et vont se loger plutôt dans les interstices et les replis, la solitude, les oublis, les confins du temps, les moeurs passionnées, les zones d'ombre.
Ils forment à eux seuls une bibliothèque de vies brèves. Ils s'entrelisent dans le silence, à la lueur des chandelles, dans le recoin de leur bibliothèque tandis que la classe des guerriers s'entre-tue avec fracas et que celle des marchands s'entre-dévore en criaillant dans la lumière tombant à plomb sur les places des bourgs.

Pascal Quignard pour la collection Le Cabinet des lettrés / Le Promeneur, Gallimard puis Vie secrète, Gallimard, 1997

Méditation sur la beauté

François Cheng

(...) nous avons pour tâche urgente et permanente de dévisager ces deux mystères que constituent les extrémités de l'univers vivant: d'un côté le mal, de l'autre la beauté.

François Cheng - Cinq méditations sur la beauté (Albin Michel, 2006)

Si les fleurs n'étaient que belles ...

Philippe Jaccottet

(...) Sans pouvoir l'expliquer entièrement ou le prouver, on éprouve une impression semblable à celles que donnent les grandes architectures : il y a de nouveau communication, équilibre entre la gauche et la droite, la périphérie et le centre, le haut et le bas. Murmurante plutôt qu'éclatante, une harmonie se laisse percevoir. Alors, on a plus envie de quitter cet endroit, de faire le moindre mouvement, on est contraint, ou plutôt porté au recueillement. Cet enclos de murs effrités où poussent des chênes, que traverse quelquefois un lapin sauvage ou une perdrix, ne serait-ce pas notre église ? Nous y entrons plus volontiers que dans les autres, où l'air manque et où loin de nous enflammer, l'on nous sermonne. Quant à nous notre chance aura été de vivre, sinon dans l'harmonie inconcevable aujourd'hui, du moins à proximité de ces foyers épars, nourris non par une lumière égale, constante, universelle, mais par ses reflets intermittents, ou les reflets de ses reflets. Par des fragments, des débris d'harmonie.

(P. Jaccottet - Revue Jardins n° 1 / Le génie du lieu - Editions Sandre, 2010)

Camille Renault nous propose un très bel extrait d'un texte de Philippe Jaccottet sur le jardin.

Ma liberté n'était pas dehors, ...

Anne Bouin - La maison du lièvre

Ma liberté n'était pas dehors, mais dedans, au fond de moi. Je n'étais pas, comme le lièvre, acculé au fond d'un trou, harcelé par des chiens prêts à me dépecer. Je pouvais avancer, même dans le noir le plus profond.
J'étais libre

Anne Bouin, La maison du lièvre, inédit.

Aux buissons typographiques constitués par le poème ...

Francis Ponge

Aux buissons typographiques constitués par le poème sur une route qui ne mène hors des choses ni à l'esprit, certains fruits sont formés d'une agglomération de sphères qu'une goutte d'encre remplit.

(Francis Ponge, Les mûres / Le parti pris des choses, Gallimard 1942)
 

Texte rencontré grâce à Nadège Moyart

 

Hélène Cixous - Philippines (Galilée, 2009)

Lire?

Lire ?
Lire la source,
le tourment, les deux ensemble.
Lire? Apaiser la faim de l'âme
qui se souvient du goût de l'illumination.
Manger la lumière. Verser les larmes.
Rétablir le courant de la vie
que les hivers ont coupé.
Remettre l'immortalité
en route.

Il est décrété ...

Thiago de Mello

Il est décrété que tous les jours de la semaine,
y compris les mardis les plus gris,
ont le droit de se transformer
en matins de dimanche.

Thiago De Mello, Les statuts de l’homme, 1964

Estelle Lacombe nous a fait découvrir la revue en ligne Homogulliver dans laquelle on retrouve l'intégralité du poème de cet auteur brésilien contemporain.

Renaitre ...

Colette

Renaître n' a jamais été au-dessus de mes forces.

Colette (citée par Julia Kristeva)

Instruisez-vous ...

Antonio Gramsci

Instruisez-vous car nous aurons besoin de toute notre intelligence, agitez-vous car nous aurons besoin de tout notre enthousiasme, organisez-vous car nous aurons besoin de toute notre force.
(A. Gramsci, 1er numéro de Ordine Nuovo, cité et traduit par Christophe Meleschi -France Culture 14 07 19)

On apprend l'eau par la soif ...

Emily Dickinson

On apprend l’eau – par la soif
La terre – par les mers qu’on passe
L’exaltation – par l’angoisse
La paix – en comptant ses batailles
L’ amour – par une image qu’on garde
Et les oiseaux – par la neige

Un homme solitaire, ...

Gaston Bachelard

(...) tout à la communion avec les images qui me sont offertes par les poètes, tout à la communion de la solitude des autres, je me fais seul avec la solitude des autres.
Je me fais seul, profondément seul, avec la solitude d'un autre.

(G.Bachelard, La flamme d'une chandelle, PUF, 1961).

Voilà

Nazim Hikmet

Je suis dans la clarté qui s'avance
Mes mains sont pleines de désirs, le monde est beau

Mes yeux ne se lassent pas de voir les arbres,
Les arbres si pleins d'espoir, si verts.

Un sentier ensoleillé s'en va à travers les mûriers
Je suis à la fenêtre de l'infirmerie.

Je ne sens pas l'odeur des médicaments,
Les oeillets ont dû s'ouvrir quelque part.

Etre captif, là n' est pas la question,
Il s'agit de ne pas se rendre, voilà.

N. Hikmet (1902-1963), Voilà, traduction Hasan Gureh

 

Les poètes sont les législateurs ...

Shelley

Les poètes sont les législateurs non reconnus du monde.

Soyez patient ...

Rilke

... Soyez patient en face de tout ce qui n'est pas résolu dans votre coeur. Essayez d'aimer vos questions elles-mêmes ... Ne cherchez pas ... des réponses qui ne peuvent vous être apportées, parce que vous ne saurez pas ... les vivre. Et il s'agit précisément de tout vivre. Ne vivez pour l'instant que vos questions. Peut-être simplement ... finirez-vous par entrer insensiblement, un jour, dans les réponses.

(R.M. Rilke, Lettre n¨à un jeune poète, Lettre n° 4, 1929, traduction de Bernard Grasset et Rainer Biemel).

Je vous en supplie faites quelque chose ...

Charlotte Delbo

Je vous en supllie
faites quelque chose
apprenez un pas
une danse
quelque chose qui vous justifie
qui vous donne le droit
d'être habillés de votre peau de votre poil
apprenez à marcher et à rire
parce que ce serait trop bête
à la fin
que tant soient morts
et que vous viviez
sans rien faire de votre vie.

(C. Delbo, Prière aux vivants pour leur pardonner d'être vivants, Une connaissance inutile, Minuit, 1970 ).

 

Edmond Jabès - Le livre de l'hospitalité

Parce que nous sommes vulnérables, ...

Parce que nous sommes vulnérables, nous sommes inséparables.
Le choix, alors, nous est offert: nous renier ou nous unir.  (E. Jabès, Le livre de l'hospitalité, Gallimard, 1991).

Il faut donc fuir le monde ...

Seneque - A Lucilius

Il nous faut donc fuir le monde et se retirer en soi. Quoique nous soyons séparés par la mer, je m'efforcerai de te diriger au but meilleur, en te prenant souvent par le bras. Et pour que tu ne souffres pas de la solitude, d'ici j'engagerai avec toi des conversations. Nous serons réunis par la meilleure partie de nous-mêmes. (Sénèque, A Lucilius, Questions naturelles 60)

Faites ce que vous pouvez, ...

Théodore Roosevelt

Faites ce que vous pouvez,
avec ce que vous avez,

où vous êtes. (T. Roosevelt 1856 - 1919)

(....) Je connais tous les contes

Leon Felipe

Je ne sais pas beaucoup de choses, il est vrai.
Je ne dis rien d’autre que ce que j’ai vu.
Et j’ai vu :
que l’on berce le berceau de l’homme avec des contes
que l’on étouffe les cris d’angoisse de l’homme avec des contes
que l’on éponge les larmes de l’homme avec des contes
que l’on enterre les os de l’homme avec des contes
et que la peur de l’homme…
a inventé tous les contes.
Je sais très peu de choses, il est vrai, mais on m’a endormi avec tous ces contes…
Je connais tous les contes.

Leon Felipe (traduction Jean-Michel Maulpoix)

Vers la fin de la seconde guerre mondiale, ...

Yoko Ono - Acorn

Vers la fin de la deuxième guerre mondiale, j'avais l'air d'un petit fantôme à cause de la pénurie de nourriture. J'avais faim. Alors c'était plus facile de s'allonger et de regarder le ciel. C'est à ce moment-là que j'en suis tombée amoureuse, je crois. Depuis, toute ma vie, j'ai aimé le ciel. Même quand tout s'effondrait autour de moi, le ciel était toujours là pour moi. C'était le seul élément constant de ma vie, qui se transformait sans cesse, à la vitesse de la lumière, à la vitesse de l'éclair. Je me disais alors que je ne pourrais jamais perdre espoir en la vie tant qu'il y aurait le ciel. (Acorn, 2013, Flammarion 2014)